La Nike Air Max 95 représente une histoire de rupture, d’innovation et de culture. Un design tiré de l’anatomie humaine, un triomphe retentissant et des polémiques notables. Retour sur les mystères d’une chaussure de sport devenue mythique.
1. Une sneaker inspirée du corps humain… mais pas trop assumée
Sergio Lozano s’est inspiré de l’anatomie humaine pour créer la Air Max 95. Ça, tout le monde le sait. Les strates latérales rappellent les fibres musculaires, la semelle imite la colonne vertébrale. Les œillets des lacets évoquent les côtes. Mais Nike a préféré ne pas trop insister sur cet aspect. Une chaussure « biologique », ça pouvait effrayer le public.
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2. Un design qui a failli ne jamais voir le jour
Lors du dévoilement du premier prototype, les équipes marketing de Nike entretenaient des doutes (Tinker Hafield a eu le même souci pour la Air Max 1 !). Le design futuriste, la teinte néon et particulièrement la grande bulle d’air visible à l’avant (un fait sans précédent !) leur paraissaient trop osés. En effet, c’est précisément ce qui a charmé le public et provoqué une envolée des ventes.
3. Le coloris OG Neon a été inspiré par… la pluie !
Sergio Lozano a conçu le dégradé de gris en regardant des collines sous la pluie. Il souhaitait une chaussure qui ne révélerait pas trop la saleté, d’où cette nuance changeante du noir au gris clair.
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4. Une paire associée au crime dans plusieurs pays
La Air Max 95, surtout la version « Neon », a été liée à plusieurs groupes criminels en Angleterre et au Japon. Du fait de sa popularité parmi les jeunes participant à des activités illicite, certaines écoles au Royaume-Uni et quelques boutiques au pays du soleil levant ont imposé une interdiction temporaire de son port. Qui a dit que la Nike TN était une sneaker de racaille ?
5. Une pub censurée au Japon
En 1995, Nike a diffusé une publicité au Japon mettant en scène une Air Max 95 qui se détonait comme une grenade. Conséquence ? Grosse polémique, car cela faisait écho à des épisodes historiques pénibles. Nike a été contraint de retirer la publicité en toute hâte.
6. Un marché noir au Japon avec des reventes à prix délirants
Lors du lancement de la Air Max 95, les Japonais ont tellement adoré le modèle qu’elle a provoqué une véritable explosion sur le marché de la revente. En 1995 à Tokyo, certains commerçants proposaient des paires neuves à plus de 3 000 dollars, un tarif totalement extravagant pour cette époque.
7. Elle devait s’appeler « Air Total Max »
Avant l’approbation définitive, la Air Max 95 était prévue pour intégrer la collection Air Total Max, qui se concentrait davantage sur la performance. Cependant, le style trop orienté lifestyle a conduit Nike à la repositionner directement en tant qu’Air Max.
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8. Une star des mangas japonais
La Nike Air Max 95 ne s’est pas limitée à être une chaussure emblématique au Japon : elle a également trouvé sa place dans la culture populaire et les mangas.
- Eikichi Onizuka, le prof le plus stylé du Japon, la porte dans GTO
Dans Great Teacher Onizuka (GTO), le protagoniste Eikichi Onizuka, ex-délinquant devenu enseignant, est représenté avec des Air Max 95 Neon. Ce choix n’est pas fortuit : dans les années 90, cette paire représentait un emblème de la culture urbaine et de l’attitude contestataire, ce qui correspond parfaitement au personnage.
- Rebaptisée « Air Muscle » dans Yu-Gi-Oh!
Dans Yu-Gi-Oh!, une Air Max 95 est référencée comme « Air Muscle », probablement pour échapper à des problèmes de droits d’auteur. Cependant, les amateurs de sneakers identifient sans effort sa forme distincte et ses célèbres bulles d’Air. Cette mention illustre bien l’importance de cette chaussure dans la culture japonaise des années 90 et 2000.
La Air Max 95, c’est bien plus qu’une simple paire de chaussures. C’est une icône dans le domaine de la chaussure. Est-ce que ces anecdotes vous étaient déjà familières ?
Photos de la couverture : @renaud.hrbooking
Sources : Sabukaru, Highsnobiety, Hypebeast, Sneaker News
Ouvrage : Nike : Better is Temporary et Out of the Box: The Rise of Sneaker Culture